Mot étrange que le mot sauvage. Je l'ai rencontré il y a peu au cours de quelque errance photographique parmi des lieux inhabités. Sauvage... A la fois vierge de toute intrusion humaine, plein de craintes et de violences brutales, à l'écart d'une civilisation rangée. Une chose hors de la nature innée de l'homme sociable, hormis pour quelques mégalomanes ou primitifs barbares et cruels qui demeureront tristement hermétiques à la notion d'humanité tout autant qu'a celle de Bien et de Mal, de compassion et de bonté (je ris intérieurement). Étrange. Car à mon oreille, il sonne comme une clarinette douce et envoûtante. C'est un mot qui glisse, qui se prononce tout bas, en chuchotant, dans le vent et l'herbe folle. Il était là ce petit bout de sauvagerie, sous un vieux fourbi enchevêtré de braque de briques et de bois aux nobles essences. Grand, il torturera d'innocentes souris aux yeux mouillant rêvant de conquérir le monde, juste pour le plaisir et le jeu. Il était là-dessous, alors je me suis assis, entre l'araignée et sa toile, dans la pénombre et la poussière avec pour seul appui une vieille croûte d'arbre infirme et desséchée. Je me suis assis et je l'ai attendu. C'est pourquoi il est venu à pas discrets pour se poser là, devant moi. Il me regarde, je l'observe. Pourquoi. Pourquoi cette grosse bête s'assoit ici sans bouger ? Pourquoi est il sortit pour me voir ? Est-il dangereux ? Quelle curiosité le pousse ainsi ? Comprendre. On en était tous les deux là. Le sauvage est donc curieux et cherche à comprendre le civilisé. De la peur ? Oui. Mais avec respect, estime... Une bonne base pour se comprendre. Sauvagerie ? Je suis pourtant sûr d'une chose : parfois je pense comme lui, et parfois il pense comme moi. Il est reparti dans son monde comme il est venu dans le mien. J'ai donc fait de même.
Changé, pour un peu ; sauvage,... pour toujours...